« Passe moi de l’huile, je rouille »

EXPOSITION « MACHINS – MACHINES »
GALERIES POIREL – JUSQU’AU 09 NOVEMBRE 2008

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C’est la rentrée aux Galeries Poirel ! Il a fallu patienter quelques mois avant de pouvoir réinvestir ce lieu désormais habité par l’esprit du Dieu LAPEYRE.

Mais trève d’humour de mauvais goût et parlons plutôt de l’essentiel, à savoir la présentation d’oeuvres d’une vingtaine d’artistes qui ont tous pour point commun d’avoir attrapé le virus de la mécanique et de l’assemblage, et de vouloir nous le transmettre en exhibant leurs oeuvres qui tentent de nous faire plonger dans leurs engrenages.

Après avoir franchi sans trop d’émotion le « Retable profane » de Thierry DEVAUX qui aborde la question de la machine sous un angle plutôt en décalage avec le reste de l’exposition (bonjour à Jules Verne au passage), Les crocs de Daniel DEPOUTOT titillent, aguichent et donnent envie au spectateur d’aller voir ce qui se cache derrière cette machinerie diabolique. Pas assez pointu cependant pour nous rentrer dans le lard

Par contre, La machine à souffler sous les jupes étonne par le contraste entre l’énormité du soufflet tout droit sorti des hauts fourneaux, et la délicatesse du vent qui nous amène à regarder sous les jupes des filles poupoupidou…

A l’image du bestiaire de circonstance réuni pour l’occasion, cigognes, marcassins de CHEDBURN, loup et dragon de MALARTRE et autres vaches articulées de Fred PARISON (compagnie La Machoire 36 que j’avais vue jouer le spectacle « l’aquarium » qui mettait en scène des objets mécaniques conçus à partir de ferraille récupérée ), peu de grande surprise dans l’esprit général de cette exposition.

Les héritiers de l’art brut ont été convoqués, à l’image des machineries de Monchâtre; les oeuvres sont parfois interactives ce qui peut amuser et apporter le mouvement attendu….

…..mais souvent répétitive dans leur esprit anthropomorphiste, voire musical des années 70 (Frédéric le Junter, retourne jouer avec Emil 13!)

Un artiste se détache pour ma part de l’ensemble : Julien PERRIER , plutôt jeune et gonflé d’exposer des bronzes dans ce bazart, royaume de la récupération. Hormis le matériau, Perrier apporte un autre angle au mouvement en sculpture, thème central s’il en est.

Sa Métamorphose, son Secret d’état ou sa Chaise électrique nous plongent avec peu d’éléments dans leur univers qui laisse une place importante à l’imaginaire et ne nous assomme pas avec ses détails poétiques.

Il convoque avec une force certaine l’absence et le mystère, la rencontre et l’opposition. C’est peut-être grâce à la présence de cette dualité que les oeuvres prennent de la force et nous entrainent dans leur sillage.

Cette exposition, sagement mise en espace par un certain Marc DECAUX, qui apprécie les fonds rouges, et surtout les fonds de rouge (!) inaugure une rentrée artistique sous le signe du mouvement : mais cette dynamique ne se retrouve si bien que lorsqu’elle n’est que suggérée et non démontrée par l’artifice mécanique, aussi précis et poétique soit-il.

Ager Man

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